Pourquoi votre plan de reprise d'activité échouera en 2026 (si vous ne changez rien)

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Entre la généralisation de la facture électronique, l'explosion des rançongiciels et un parc informatique souvent vieillissant, beaucoup de PME d'Île‑de‑France se bercent d'illusions sur leur plan de reprise d'activité et leurs sauvegardes. Regardons froidement ce qui casse - et comment éviter la catastrophe annoncée.

2026, l'année où l'improvisation ne pardonnera plus

On a longtemps pu bricoler : un disque USB posé sur une armoire, un NAS au fond d'un couloir, quelques exports comptables "au cas où". Avec la réforme de la facture électronique et la dépendance totale au système d'information, ce temps‑là est terminé.

En 2024 déjà, l'ANSSI et Cybermalveillance.gouv.fr alertaient : les attaques par ransomware sur les PME se multiplient, les délais d'indisponibilité moyens se comptent en jours, parfois en semaines. Ajoutez à cela l'obligation, d'ici 2026, d'émettre et de recevoir des factures électroniques conformes, de les archiver et de pouvoir les produire à la demande de l'administration... et vous obtenez un cocktail explosif.

Le problème, ce n'est pas que les entreprises n'ont pas de plan de reprise d'activité (PRA). C'est qu'elles croient en avoir un, alors qu'elles n'ont qu'une liste de vœux pieux dans un vieux PowerPoint.

Les 5 fausses certitudes qui font exploser les PRA des PME

1. "On a des sauvegardes, donc on est couverts"

Si je devais ne garder qu'une seule phrase entendue en audit, ce serait celle‑là. Et elle est presque toujours fausse, ou en tout cas incomplète.

  • Sauvegarde locale non redondée (NAS, disque USB, serveur de fichiers dans la même pièce que le reste)
  • Pas de télésauvegarde vers un site distant ou un service type cloud à cloud supervisé
  • Pas de test de restauration réel (restaurer un fichier n'a rien à voir avec relancer un serveur complet)
  • Pas de sauvegarde des équipements réseau, du RPVA pour les cabinets d'avocats, ni des environnements de virtualisation

Résultat : le jour où le serveur tombe ou se fait chiffrer, on découvre que la sauvegarde n'a pas tourné depuis trois mois. Ou qu'elle est elle‑même chiffrée. Ou qu'on ne sait pas la restaurer sur un matériel différent.

2. "Notre prestataire interviendra vite"

Une infogérance sérieuse, comme celle qu'on met en place en région parisienne chez EPX Informatique, prévoit des délais d'intervention clairs. Mais il ne faut pas confondre :

  • Délai pour commencer à traiter l'incident (45‑60 minutes)
  • Délai pour remettre en production un système complexe

Relancer un poste de travail en panne n'a rien à voir avec reconstruire un contrôleur de domaine, un serveur Sage, une plateforme de fichiers, un VPN pour le télétravail et la téléphonie IP.

Ce qui fait gagner du temps, ce n'est pas la bonne volonté des techniciens. C'est la préparation : documentation, scénarios écrits, procédures de bascule, tests réalisés en amont. Sans ça, même la meilleure équipe va passer des heures à reconstituer le puzzle.

3. "Notre ERP / Sage est dans le cloud, donc pas de souci"

Le cloud a un super pouvoir : il donne l'illusion que tout est automatique et éternel. Sauf qu'un ERP hébergé, une messagerie Microsoft 365 ou un stockage cloud ne sont pas des sauvegardes en soi. C'est d'ailleurs ce que rappelle régulièrement l'éditeur lui‑même.

Une suppression malheureuse, un compte piraté, une erreur de configuration, et vous pouvez perdre des semaines de données. C'est précisément pour cela que des solutions de sauvegarde cloud à cloud existent, avec chiffrement, rétention longue et supervision humaine.

Ne pas en avoir en 2025‑2026, c'est un peu comme rouler sans assurance en expliquant que "les voitures modernes sont fiables".

4. "La continuité de la téléphonie, on verra plus tard"

Quand le système d'information tombe, la téléphonie d'entreprise qui repose sur un standard IP (type 3CX, partenaire d'EPX) se retrouve souvent impactée : pas de réseau, pas d'appels entrants, pas de standard, plus de messages d'accueil.

Et là, vous découvrez que la téléphonie, ce n'est pas un gadget marketing : c'est votre lien vital avec vos clients, vos fournisseurs, vos équipes sur le terrain. Un PRA sérieux doit intégrer :

  • Des scénarios de reroutage des appels vers des mobiles ou un autre site
  • Des sauvegardes régulières de la configuration du standard
  • Une double connexion Internet (fibre + ADSL ou 4G/5G) avec bascule automatique

Quand on parle de TPE et PME d'Île‑de‑France, souvent multisites, ce volet‑là est sous‑estimé à un point presque inquiétant.

5. "Notre plan est dans un classeur, au pire on l'appliquera"

Le PRA "doc Word de 40 pages", c'est l'illusion ultime. Personne ne l'a relu depuis quatre ans, la moitié des captures d'écran concernent des interfaces qui n'existent plus et les personnes identifiées comme contacts clés ont changé de poste.

Un plan de reprise d'activité qui n'est pas testé au moins une fois par an, sur une portion significative du système (restauration complète d'un serveur critique, simulation de coupure Internet, etc.), n'est pas un PRA. C'est un conte de fées administratif.

Intégrer la facture électronique dans le plan de reprise

La réforme française de la facturation électronique ne se réduit pas à un sujet fiscal ; c'est un point de fragilité supplémentaire pour la continuité de votre entreprise. Perdre l'accès à vos outils de facturation, c'est :

  • Ne plus pouvoir émettre de factures électroniques conformes (e‑invoicing)
  • Ne plus transmettre les données de facturation à l'État (e‑reporting)
  • Rompre la traçabilité des échanges avec vos clients et fournisseurs

En clair : se mettre à risque sur la TVA, le cash‑flow et la conformité. Le calendrier de la réforme est public, et pourtant beaucoup de dirigeants tablent encore sur "on verra bien à la dernière minute".

Un PRA moderne doit donc spécifiquement répondre à ces questions :

  1. Comment continuer à émettre des factures électroniques en cas de panne majeure de notre système principal ?
  2. Où sont sauvegardées les données de facturation, avec quelle rétention, sur combien de sites physiques ou logiques différents ?
  3. Comment restaurer rapidement un environnement de facturation minimal, même dégradé, mais conforme ?

Pour creuser l'aspect réglementaire, la documentation officielle de la DGFIP est un bon point de départ, mais elle ne remplace pas une vraie réflexion technique et métier.

Un cas très concret : cabinet de services en région parisienne

Imaginons un cabinet de conseil basé à Maisons‑Alfort, une quarantaine de postes, un serveur de fichiers, un serveur d'applications métier, un standard téléphonique IP, et une comptabilité sous Sage.

Avant audit, le dirigeant est serein :

  • Un NAS sur site, synchronisé toutes les nuits
  • Une sauvegarde hebdomadaire externalisée "chez un hébergeur"
  • Une fibre très stable et un routeur "pro"

Sur le papier, tout va bien. Sauf qu'en creusant :

  • La sauvegarde externalisée ne concerne que les fichiers bureautiques, pas les bases de données
  • Aucun test de restauration de Sage n'a jamais été réalisé sur un serveur vierge
  • La configuration du standard téléphonique n'est sauvegardée nulle part
  • La mise en conformité facture électronique repose sur un seul connecteur vers une plateforme de dématérialisation

Le scénario noir ? Un ransomware chiffre les serveurs et les partages réseaux. Le NAS réplique gentiment les fichiers chiffrés. La sauvegarde hebdomadaire externe remonte à six jours, mais ne permet pas de relancer Sage ni le standard. La plateforme de facture électronique fonctionne, mais plus aucun flux ne part, faute de connecteur opérationnel.

Combien de jours de blocage ? Combien de clients perdus ? Inutile de faire un dessin.

Les briques techniques minimales d'un PRA crédible

Pour les TPE‑PME franciliennes qui n'ont "pas de temps à perdre" avec l'informatique, la tentation est de tout déléguer et de ne pas regarder sous le capot. Pourtant, quelques exigences simples changent tout :

1. Sauvegarde multi‑niveaux, supervisée

  • Combinaison de sauvegardes locales et de télésauvegarde externalisée
  • Chiffrement systématique des données sensibles
  • Supervision humaine hebdomadaire, comme le fait EPX Informatique sur ses 50 To gérés en continu
  • Journal d'alertes clair, partagé avec un interlocuteur côté client

2. Documentation à jour du parc informatique

Sans cartographie précise du parc informatique (serveurs, postes, imprimantes, switchs, VPN, licences, plateformes cloud), parler de PRA est un peu vain. La documentation doit être :

  • Centralisée et accessible en cas de crise
  • Mise à jour après chaque changement significatif
  • Compréhensible par un autre intégrateur en cas de force majeure (c'est un garde‑fou pour vous)

3. Scénarios de reprise hiérarchisés

Tout ne redémarre pas en même temps, et ce n'est pas grave. La bonne question est : qu'est‑ce qui doit repartir en premier pour que l'entreprise survive ?

  1. Messagerie et outils collaboratifs (pour communiquer en interne et avec les clients)
  2. Facturation et comptabilité (pour ne pas bloquer le cash)
  3. Outils métiers critiques (ERP, logiciels de production, RPVA pour les avocats, etc.)
  4. Téléphonie et accueil des appels

Chaque brique doit avoir son scénario de reprise, son temps de rétablissement cible (RTO) et son point de reprise maximal acceptable (RPO).

Tester, casser, recommencer : la seule méthode honnête

La vérité, un peu désagréable, c'est qu'un PRA sérieux est forcément vécu comme une contrainte. Bloquer un samedi pour tester la restauration d'un serveur complet, ce n'est agréable pour personne. Mais la différence entre les organisations qui encaissent un incident majeur et celles qui coulent tient souvent à cette discipline‑là.

Les recommandations de l'ANSSI en matière de résilience numérique sont publiques et très claires. On peut les consulter sur le Guide de survie en environnement ransomware, qui est d'une franchise rare pour un document officiel.

Sur le terrain, en Île‑de‑France, on constate à quel point les entreprises qui ont pris le temps de tester, même imparfaitement, vivent les incidents autrement. Elles perdent parfois une journée, pas trois semaines.

Et maintenant, que faire concrètement ?

Si vous êtes dirigeant, DAF ou responsable informatique "par défaut" dans une PME, la première étape est presque triviale : demandez à voir, noir sur blanc, votre plan de reprise d'activité et le dernier compte rendu de test de restauration. Si personne n'est capable de vous les fournir en moins de dix minutes, vous avez votre réponse.

Ensuite, faites‑vous accompagner, pas pour acheter une énième boîte noire magique, mais pour auditer lucidement votre situation : sauvegardes, sécurité, téléphonie, facture électronique, messagerie. C'est exactement le cœur de métier d'un infogérant comme EPX Informatique, qui intervient sur l'ensemble du parc, des serveurs aux copieurs, avec une logique de continuité plutôt que de pansements successifs.

Vous pouvez commencer modestement, par un audit ciblé sur la sauvegarde et la reprise. Mais commencez. Sinon, 2026 ne sera pas l'année de la modernisation numérique... ce sera l'année où vous réaliserez, un lundi matin, qu'un simple incident technique peut arrêter net une entreprise qui tournait parfaitement la veille.

Et ce jour‑là, il sera un peu tard pour relire le plan de reprise qu'on n'a jamais testé. Autant le regarder maintenant et, si besoin, demander un devis pour le remettre d'équerre tant qu'il fait encore beau.

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