Coupure Internet en entreprise : comment ne plus être paralysé

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Une banale coupure Internet peut clouer au sol une PME francilienne entière : messagerie en rade, standard téléphonique muet, VPN coupé, direction à cran. Dans cet article, je vais détailler comment concevoir une connexion Internet réellement résiliente, avec redondance, supervision et procédures, sans exploser le budget.

Pourquoi une seule box Internet est un pari idiot

Beaucoup de TPE‑PME d'Ile‑de‑France reposent encore sur une seule box, souvent fournie par le même opérateur depuis dix ans. Tant que ça tient, tout le monde s'en satisfait. Le jour où la fibre tombe, on découvre brutalement que toute l'entreprise était suspendue à un unique câble.

Les symptômes, vous les connaissez :

  • standard téléphonique IP silencieux, impossibilité de joindre vos clients ;
  • messagerie et outils collaboratifs (Microsoft 365, Google Workspace, Sage en cloud…) inaccessibles ;
  • VPN HS, plus aucun accès aux serveurs distants ou au SI du siège ;
  • commerciaux et direction qui jonglent entre partage de connexion 4G bricolé et mails envoyés depuis un Gmail perso.

Et pendant ce temps, votre prestataire vous explique que « l'opérateur est en investigation »…

Ce n'est pas de la malchance, c'est un défaut de conception du réseau. Un parc informatique bien géré ne repose jamais sur un seul lien Internet. C'est d'ailleurs une des bases de l'infogérance sérieuse.

Construire une connectivité réellement redondante

1 - Deux accès Internet, deux opérateurs

La première règle est simple : il faut au minimum deux liens Internet, idéalement chez deux opérateurs distincts, avec des technologies différentes quand c'est possible :

  • une fibre dédiée ou mutualisée comme lien principal ;
  • un lien de secours ADSL, SDSL, 4G/5G ou fibre d'un autre opérateur.

L'idée n'est pas d'avoir deux fibres « premium » hors de prix, mais un couple principal + secours raisonnable. Ce que l'on recherche, ce n'est pas la performance maximale en continu, c'est la continuité de service.

Dans les faits, beaucoup d'entreprises franciliennes fonctionnent très bien avec une fibre + un routeur 4G/5G bien intégré au réseau. Mais le « bien intégré » est ici le point crucial.

2 - Un routeur ou firewall qui sait basculer automatiquement

Disposer de deux liens ne sert à rien si personne ne sait passer de l'un à l'autre en cas de coupure. C'est là qu'intervient le routeur ou le pare‑feu. Les équipements sérieux permettent :

  • de connecter plusieurs liens WAN (fibre, ADSL, 4G) ;
  • de surveiller en permanence l'état de chaque lien ;
  • de basculer automatiquement le trafic si le lien principal tombe ;
  • de faire du load‑balancing ou de réserver certains flux (téléphonie IP, VPN) sur le lien le plus stable.

Sur un parc de 10 à 100 postes, un firewall professionnel correctement paramétré fait une différence abyssale par rapport à une simple box bricolée. C'est précisément ce type d'équipement que l'on retrouve dans une démarche d'infogérance de proximité en Ile‑de‑France.

3 - Ne pas oublier la téléphonie IP dans le plan de secours

Avec la généralisation de la téléphonie sur IP, le téléphone dépend lui aussi d'Internet. Or, lors d'une coupure, ce qui fait vraiment mal à une PME, c'est le silence du standard. C'est là que les prestataires mal préparés se trahissent.

Pour une téléphonie IP robuste, il faut prévoir :

  • un acheminement des appels passant, lui aussi, par les deux liens Internet ;
  • une configuration du standard qui puisse renvoyer automatiquement vers des mobiles en cas d'indisponibilité totale du site ;
  • des postes DECT ou softphones capables de reprendre le relais, même en mode dégradé.

Les solutions de type standard IP 3CX offrent justement ce genre de scénarios de repli. Encore faut‑il que quelqu'un ait pris le temps de les penser et de les tester.

Coupures planifiées, micro‑coupures, incident opérateur : quoi anticiper

Cartographier vos risques concrets

Avant de signer un deuxième lien Internet au hasard, commencez par une vraie cartographie des usages :

  • quels services doivent absolument rester disponibles (téléphonie, VPN, ERP, outils métiers) ?
  • qu'acceptez‑vous de dégrader temporairement (YouTube, streaming, téléchargements volumineux, sauvegardes non critiques) ?
  • qui sont les utilisateurs prioritaires (direction, support client, back‑office, etc.) ?

C'est exactement le type de questions que l'on aborde lors d'un audit d'infrastructure et de sauvegarde. On ne parle pas que de matériel, mais de continuité métier.

Différents types d'incidents, réponses différentes

On mélange souvent tout sous le mot « coupure », alors qu'il y a des cas très différents :

  1. Micro‑coupures et pertes de paquets : très fréquentes sur des lignes saturées ou mal configurées, elles impactent surtout la visioconférence et la téléphonie IP.
  2. Indisponibilité complète du lien : rupture de fibre, incident majeur opérateur, travaux sur la voirie… c'est là que le lien de secours prend tout son sens.
  3. Panne locale : switch défaillant, alimentation brûlée, erreur de câblage lors de travaux internes. Dans ce cas, multiplier les liens ne sert à rien si le cœur réseau n'est pas fiabilisé.

Les bonnes pratiques de l'ANSSI et de Cybermalveillance.gouv.fr insistent d'ailleurs sur cette vision globale : continuité de service + sécurité, pas simplement « ajouter un routeur 4G ».

Story d'une PME du Val‑de‑Marne qui a arrêté de subir

Illustrons avec un cas très classique. Cabinet de conseil de 45 personnes, basé à Maisons‑Alfort. Une seule fibre, téléphonie IP, outils cloud partout. Un matin, pelleteuse dans la rue, fibre coupée pour tout l'immeuble. Verdict : quatre heures d'arrêt complet.

La direction en a profité pour revoir le sujet sérieusement :

  • mise en place d'un firewall professionnel avec deux liens WAN ;
  • ajout d'un routeur 4G multi‑opérateurs comme secours ;
  • reconfiguration du standard IP avec scénarios de bascule vers les mobiles ;
  • rédaction d'une procédure simple pour les équipes en cas de « mode dégradé ».

Six mois plus tard, nouvel incident opérateur, mais cette fois‑ci :

  • le trafic bascule automatiquement sur la 4G ;
  • la téléphonie reste opérationnelle, avec une légère baisse de qualité acceptable ;
  • les équipes continuent à accéder à leur messagerie et à leurs outils métiers ;
  • la direction reçoit un rapport clair de l'incident, daté, horodaté.

Résultat chiffré : au lieu d'une journée quasi blanche, l'entreprise a perdu quelques pourcents de productivité. Et, surtout, elle a cessé de subir les aléas techniques comme une fatalité.

Procédures, supervision et responsabilités : le triptyque oublié

Une architecture sans supervision, c'est une voiture sans tableau de bord

Les défaillances Internet vraiment coûteuses ont presque toujours un point commun : personne ne surveillait rien. Pas de monitoring des liens, pas d'alertes, pas de suivi des tickets opérateur.

Un prestataire d'infogérance sérieux met en place :

  • une supervision des liens (latence, débit, pertes de paquets) ;
  • des alertes en cas de bascule sur le lien de secours ;
  • un historique pour objectiver les SLA réels de vos opérateurs.

Cela permet d'avoir des discussions adultes avec un fournisseur d'accès, factures à l'appui, plutôt que de subir en silence des coupures récurrentes.

Des procédures simples, répétées, appropriées

Dernier angle mort : la procédure utilisateur. Lorsqu'une coupure survient, tout le monde panique. Chacun teste sa propre solution (partage de connexion, redémarrage sauvage de la box, etc.), ce qui aggrave parfois le problème.

Il faut au minimum :

  • un document court « Que faire en cas de coupure Internet ? » ;
  • un canal de communication de secours (sms, liste de diffusion externe, groupe téléphonique) ;
  • un référent interne clairement identifié, en lien direct avec l'infogérant.

Ces procédures peuvent être intégrées à un plan plus global de continuité d'activité, en cohérence avec votre stratégie de sauvegarde et PRA et les bonnes pratiques recommandées par l'ANSSI.

Et maintenant, que faites‑vous de votre prochaine coupure ?

Une chose est sûre : les coupures ne vont pas disparaître. Travaux, incidents opérateurs, erreurs humaines font partie du paysage. Ce qui fait la différence, c'est votre niveau de préparation technique et organisationnelle.

Commencez par faire auditer votre architecture réseau actuelle, vos liens Internet et votre téléphonie IP. Cartographiez les vrais risques métier, puis concevez une redondance raisonnable, industrialisée, supervisée. C'est exactement le type d'accompagnement que proposent des équipes d'infogérance spécialisées pour les PME en Ile‑de‑France.

Et si vous sentez que votre SI repose encore sur une unique box posée dans un placard poussiéreux, il serait peut‑être temps de demander un regard extérieur structuré. Avant la prochaine pelleteuse.

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