Hiver 2026 : tenir votre parc informatique pendant les absences clés

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Chaque hiver, les mêmes scènes se répètent dans les PME d'Île‑de‑France : responsables IT en congé, comptables malades, chefs de projet à bout de course... et un parc informatique qui continue, vaille que vaille, à supporter la charge. En hiver 2026, avec la facture électronique et des SI plus exposés que jamais, improviser n'est plus une option pour assurer la continuité.

Pourquoi l'hiver est la pire saison pour votre informatique

On parle rarement de saisonnalité en informatique, pourtant elle existe. En Île‑de‑France, janvier‑février combinent plusieurs facteurs toxiques :

  • congés scolaires et vacances décalées des familles,
  • pics de grippe, Covid ou autres virus,
  • clôtures comptables et fiscales, avec leur lot de stress,
  • mise en production de nouveaux processus (facture électronique, outils de paie, etc.).

Résultat : les mêmes personnes sont à la fois indispensables au pilotage de l'entreprise, à l'exploitation de l'informatique... et parfois simplement clouées au lit. On découvre alors que la "DSI" de la PME, c'est en réalité un financier bricoleur, un chef comptable sursollicité et un prestataire d'infogérance qu'on appelle tard, trop tard.

Le mythe de la "personne qui sait tout"

Dans une PME, il y a presque toujours une figure centrale, parfois discrète, qui tient littéralement le SI à la force des poignets :

  • le RAF qui "gère le serveur Sage depuis 15 ans",
  • le directeur d'agence qui connaît par cœur le VPN, le RPVA, les imprimantes,
  • l'assistante de direction qui a tous les mots de passe dans un carnet,
  • ou un informaticien interne unique, transformé en homme‑orchestre permanent.

Tant qu'ils sont là, tout tient à peu près. Le jour où ils partent en congé, ou tombent malades, la vérité éclate : personne ne sait vraiment comment tout cela fonctionne. L'infogérant, quand il existe, découvre qu'il n'a ni les accès, ni la documentation, ni les autorisations pour intervenir vite.

Cas typique : la clôture comptable en janvier

Scénario que nous avons vu des dizaines de fois en Île‑de‑France : début janvier, sur fond de facturation électronique qui se généralise, le service comptable doit clôturer l'exercice, envoyer les déclarations, préparer les pièces pour l'expert‑comptable. À ce moment exact, le serveur de gestion tombe, ou la télésauvegarde ne tourne plus depuis trois semaines parce que le disque est plein.

Le responsable qui "sait tout" est en vacances à la montagne, difficilement joignable. L'infogérant n'a pas de procédure de reprise, pas d'accès aux comptes de l'éditeur, pas de visibilité sur le paramétrage. Les heures tournent, les nerfs lâchent, et tout le monde jure que "plus jamais ça". Jusqu'à l'hiver suivant.

Continuité IT : arrêter de confondre loyauté et robustesse

Ce qui est frappant, c'est que cette fragilité n'est pas due à un manque de bonne volonté. Ces personnes centrales sont souvent remarquables d'engagement et de loyauté. Mais fonder la continuité de votre informatique sur leur seule présence est une injustice pour eux, et un risque inconsidéré pour l'entreprise.

Une organisation saine, même à 30 ou 60 postes, doit accepter une réalité simple : personne ne devrait être indispensable pour des opérations basiques comme :

  • redémarrer proprement un serveur de fichiers,
  • relancer une télésauvegarde et vérifier les journaux,
  • créer un nouvel utilisateur avec les bons droits,
  • basculer sur une connexion Internet de secours,
  • ouvrir un ticket prioritaire avec l'infogérant.

Ce n'est pas un manque de confiance envers vos collaborateurs. C'est un respect élémentaire : ils ont le droit de partir en congé sans garder le téléphone à portée de main comme un défibrillateur.

Établir un vrai plan de continuité pour l'hiver

On parle beaucoup de Plan de Reprise d'Activité (PRA) en cas de sinistre majeur. Mais pour la plupart des PME franciliennes, la priorité est plus modeste : tenir pendant les absences clés, sans catastrophe. C'est là qu'un plan de continuité d'activité, même simple, change tout.

1. Cartographier les dépendances humaines

Avant les schémas techniques, commencez par les êtres humains. Listez, noir sur blanc :

  1. les personnes internes qui ont des accès ou des savoirs critiques (compta, paie, production, juridique),
  2. les actions qu'elles sont les seules à savoir réaliser (ou qu'elles pensent être les seules à savoir réaliser),
  3. les moments de l'année où leur absence serait la plus critique.

Ce travail est parfois un peu douloureux, car il met au jour des dépendances que tout le monde pressentait sans oser les nommer. Mais c'est un préalable indispensable pour alléger la pression.

2. Transférer ce qu'il faut vers l'infogérance (et pas tout)

Tout n'a pas vocation à être externalisé. En revanche, certaines briques techniques devraient clairement être opérables par votre prestataire d'infogérance, même en pleine période de vacances :

  • administration des sauvegardes (locales et télésauvegarde),
  • gestion des droits d'accès standard,
  • supervision des serveurs et de la messagerie,
  • bascules de secours en cas de panne réseau ou serveur.

Ce transfert suppose deux choses :

  • que les accès techniques soient correctement documentés et partagés,
  • que le contrat d'infogérance encadre clairement la disponibilité en période de congés.

Sinon, vous vous retrouvez avec un infogérant aussi aveugle que vous au moment critique, comme nous l'avons pointé dans notre analyse sur les contrats IT.

3. Standardiser les opérations sensibles

Une bonne partie de la fragilité vient du fait que chaque opération est une "recette maison" :

  • ici on relance la sauvegarde via un script obscur,
  • là on crée les utilisateurs en modifiant directement l'Active Directory,
  • ailleurs on ouvre le VPN en bidouillant le routeur,
  • et on gère l'impression avec des files locales impossibles à reproduire.

Pour tenir l'hiver, il faut accepter un effort de standardisation. Par exemple :

  • mettre en place des procédures claires pour les principales opérations,
  • tester ces procédures avec une personne "non experte" pour valider qu'elles sont réellement applicables,
  • basculer, quand c'est pertinent, vers des solutions plus industrielles (par exemple un standard téléphonique IP 3CX plutôt que trois boîtiers analogiques invraisemblables).

Anticiper les pics : fiscalité, paie, appels d'offres

Certaines périodes sont objectivement plus risquées. L'hiver 2026 cumule au moins trois fronts pour les TPE‑PME :

  • la montée en charge de la facturation électronique, avec ses outils souvent nouveaux,
  • les mises à jour des logiciels de paie et de comptabilité (Sage, notamment),
  • la réponse à des appels d'offres publics exigeant déjà des garanties de sécurité et de continuité.

Dans ce contexte, laisser votre parc informatique en "roue libre" pendant les congés d'hiver est une prise de risque purement gratuite. Comme nous l'évoquions pour le rush fiscal du printemps 2026, l'idée est de traiter ces périodes comme des projets à part entière, avec :

  • un gel des changements lourds à certaines dates,
  • un renforcement temporaire de la supervision,
  • des points de contrôle explicites sur les sauvegardes et la messagerie,
  • un plan de contact clair en cas d'incident (qui appelle qui, dans quel ordre).

Un mot sur le télétravail d'hiver : la double peine

L'autre grande spécificité de l'hiver, c'est l'explosion du télétravail forcé : enfants malades, transports perturbés, météo. En Île‑de‑France, cela veut dire des dizaines de connexions distantes, parfois depuis des postes personnels douteux, au moment même où la charge business est la plus forte.

Nous l'avons détaillé dans notre article sur la sécurisation du télétravail : sans politique claire, ce bricolage à domicile ouvre des brèches béantes. Or la plupart des plans de continuité d'activité en PME oublient totalement ce volet.

Pour l'hiver 2026, quelques décisions simples peuvent changer la donne :

  • interdire explicitement l'usage de postes personnels pour accéder aux données sensibles,
  • fournir, au minimum, des VPN et des authentifications fortes pour les accès distants,
  • prévoir des scénarios de bascule (par exemple, accès à un environnement cloud sécurisé si le site principal est indisponible),
  • former les utilisateurs à détecter les tentatives de phishing ciblant ces périodes.

Le cas d'école de la PME francilienne à 40 postes

Imaginons une entreprise de services à 40 postes, basée en petite couronne parisienne. Le parc est typique : un serveur de fichiers, une application métier hébergée, de la messagerie cloud, quelques copieurs réseau, et une télésauvegarde "qui tourne toute seule".

En janvier dernier, le RAF part en congé quinze jours. Il est le seul à comprendre vraiment la logique des dossiers partagés, des droits sur les répertoires clients, et des scripts de sauvegarde déployés par l'ancien prestataire. Une mise à jour Windows fait redémarrer le serveur un dimanche, la sauvegarde se bloque. Personne ne s'en aperçoit, jusqu'à ce qu'un ransomware frappe trois semaines plus tard via un poste en télétravail mal protégé.

Résultat : impossibilité de restaurer un historique propre, pertes de données, tensions internes violentes ("pourquoi personne n'a vu ça ?"), bras de fer avec l'assureur. Tout cela pour un incident qui aurait pu être largement amorti si :

  • l'inventaire des sauvegardes avait été partagé avec l'infogérant,
  • le monitoring avait été correctement configuré pendant les congés,
  • une procédure de test hebdomadaire avait été documentée et déléguée.

Ce n'est pas "la faute" du RAF ni du prestataire. C'est le symptôme d'un système construit sur des habitudes, pas sur une véritable ingénierie de la continuité.

Comment sortir de cette vulnérabilité saisonnière

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut corriger une grande partie du problème en quelques mois, sans révolutionner toute l'infrastructure. Les clés, pour une PME d'Île‑de‑France, tiennent en quatre mouvements :

  1. Clarifier les rôles : qui est responsable de quoi, côté direction, côté métiers, côté infogérance.
  2. Documenter l'essentiel : pas des encyclopédies, mais des fiches claires sur les opérations vitales (sauvegarde, messagerie, accès distants, facturation).
  3. Sécuriser les briques critiques : sauvegarde testée, messagerie au niveau, télétravail encadré, contrats relus.
  4. Programmer les revues : deux fois par an, avant l'hiver et avant le rush fiscal, faire un point formalisé sur le niveau de sécurité et de continuité.

Ce n'est pas spectaculaire, ce n'est pas "innovant", mais c'est précisément ce genre de discipline tranquille qui permet de traverser les périodes tendues sans crise majeure.

En réalité, la question n'est pas de savoir si votre informatique tiendra pendant l'hiver 2026. Elle tiendra, comme toujours, mais à quel prix humain, avec quelle dose de stress, de nuits blanches et de paris bancals ? Si vous voulez que la saison froide ne soit plus synonyme de roulette russe numérique, le moment est venu de traiter votre parc informatique comme un actif vital, pas comme une somme de machines qu'on bricole entre deux dossiers. Et cela commence souvent par un audit lucide avec un partenaire d'infogérance réactif en Île‑de‑France, avant que la prochaine vague de congés ne vienne tester, une fois de plus, les coutures de votre organisation.

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